Testi kebabı en Cappadoce : où le déguster, comment il est préparé, prix et conseils

Kızgın közün üzerinde alevler arasında duran mühürlü toprak testi kebabı küpü
Mehmet UstaMehmet Usta25 Nisan 202613 min de lectureDernière mise à jour: 12 Ağustos 2026

Il est un plat qu’aucun visiteur de Cappadoce ne repart sans avoir goûté : le testi kebabı. Ce plat de viande cuit des heures dans une jarre d’argile marque autant le palais que la mémoire. Emblème non seulement d’une recette, mais aussi d’un moment de service et des anciennes méthodes de cuisson anatoliennes, le testi kebabı compte parmi les saveurs qui ont mis la Cappadoce en avant sur la carte gastronomique mondiale ces dernières années. Dans cet article, nous abordons toutes ses dimensions — de son histoire à ses ingrédients, de sa préparation à la maison aux prix pratiqués en restaurant.

Précisons d’abord l’essentiel : le testi kebabı n’est pas un kebab ordinaire. La longueur de la préparation, la particularité du récipient, le moment spectaculaire où l’on brise la jarre — tout cela réuni transforme ce plat en spectacle autant qu’en saveur. Impossible à réaliser sans les poteries d’Avanos façonnées dans les terres volcaniques de Cappadoce, il est la version culinaire d’un miracle géographique. Commençons par le commencement : l’histoire.

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L’histoire du testi kebabı : des caravansérails aux cuisines

La tradition de cuire dans un récipient de terre remonte à des millénaires en Anatolie. Hittites, Phrygiens, Romains — tous ont utilisé les récipients d’argile comme ustensiles résistants à la chaleur, retenant l’humidité et préservant les saveurs. Les racines du testi kebabı moderne remontent quant à elles à l’époque ottomane, en particulier aux routes de caravansérails qui traversaient la Cappadoce. Pendant des voyages de plusieurs heures, les voyageurs et les caravaniers avaient besoin de plats de viande déjà cuits, scellés et faciles à transporter. La jarre de terre répondait parfaitement à ce besoin.

Les potiers du village d’Avanos fabriquent ces jarres depuis des siècles. L’argile rouge apportée par le Kızılırmak, avec sa structure minérale résistante à la chaleur, constituait un récipient de cuisson idéal. On prenait une jarre, on y plaçait viande et légumes, on scellait le col à la pâte, on la mettait au tandır — et quand, des heures plus tard, on en brisait le col, le plat au parfum intense qui en sortait était la plus belle offrande du maître de caravansérail à son hôte. Aujourd’hui encore, la cuisson suit la même méthode dans les restaurants modernes ; seule différence, le four à pierre remplace parfois le tandır traditionnel.

Les ingrédients : simples, mais bien choisis

Les ingrédients du testi kebabı ne sont pas très complexes. La base est de l’agneau ou du bœuf, coupé en dés, avec de préférence des morceaux légèrement gras. Le gras apporte richesse et tendreté au fil de la longue cuisson ; une viande entièrement maigre risque de sécher. Viennent ensuite, en couches, des légumes : tomates, poivrons kapya, aubergines, pommes de terre, oignons, ail. Les épices restent minimales : sel, poivre noir, thym, un peu de piment en flocons. Un assaisonnement trop lourd étoufferait le cours naturel des saveurs.

Certaines variantes régionales ajoutent d’autres ingrédients. Sur l’axe Aksaray-Cappadoce, on ajoute des tomates séchées et un supplément de curcuma à côté du poivron ; autour d’Avanos, l’ail est plus généreux. Il existe aussi des versions locales au citron ou au verjus, qui apportent une acidité légère et équilibrante. Il ne faut pas céder à l’illusion que plus on ajoute d’ingrédients, meilleur c’est : le secret du testi kebabı réside dans un choix sobre mais juste.

Les poteries d’Avanos : le secret de la cuisson

La qualité du testi kebabı est directement liée à celle de la jarre utilisée. Les jarres traditionnelles produites à Avanos sont façonnées dans l’argile rouge particulière apportée par le Kızılırmak. Cette argile résiste à la chaleur, offre une conduction thermique équilibrée et n’entre pas en réaction avec les aliments. Après cuisson au four de potier, ses micropores retiennent l’humidité du plat à l’intérieur tout en maîtrisant le risque d’éclatement lié à la vapeur.

Une jarre d’Avanos a traditionnellement une contenance de 6 à 8 litres ; elle suffit à un testi kebabı pour 2 à 4 personnes. On en fabrique de plus grandes, mais plus la taille augmente, plus la cuisson s’allonge. Le col est généralement étroit et arrondi, ce qui permet de le sceller facilement à la pâte. Une fois la cuisson terminée, la jarre est apportée à table et brisée à l’aide d’une petite hache ou d’un couteau. Cet instant est à la fois un rituel spectaculaire et une nécessité technique : il n’est pas possible d’ouvrir le col scellé à l’ancienne, il faut nécessairement le briser.

La cuisson : quatre heures de patience

Le vrai secret du testi kebabı tient à la longueur de la cuisson. Viandes et légumes sont disposés en couches dans la jarre ; l’usage courant place la viande grasse au fond, les légumes au-dessus et les plus légers tout en haut. On n’ajoute aucune eau : le jus naturel des légumes suffit à créer le liquide nécessaire à la viande. Le sommet de la jarre est traditionnellement scellé à la pâte ; ce scellement empêche la perte d’humidité pendant la chauffe et équilibre la pression de la vapeur.

La cuisson se fait généralement au four à pierre ou sur des braises de charbon, à basse température (autour de 160-180 degrés). Elle dure de 3 à 4 heures ; plus la jarre cuit longtemps, plus la viande se détache en fibres. Pendant ce temps, un véritable miracle se produit à l’intérieur : la viande rend son jus, les légumes s’attendrissent dedans, les épices imprègnent tout. Le plat obtenu est un trésor qui fond en bouche sans même qu’il faille la pointe d’une fourchette, à la sauce dense mais légère et aux saveurs superposées.

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Le rituel du service : l’instant où la jarre se brise

Lorsque la jarre brûlante arrive à table, une atmosphère quasi cérémonielle s’installe. Le serveur s’avance avec une petite hache ou un maillet, raconte brièvement l’histoire du plat aux convives, puis frappe fermement le col de la jarre. Comme celui-ci est scellé à la pâte, le premier coup brise généralement la pâte ; au second, le col éclate. La vapeur dense et le parfum qui s’en échappent envahissent la moitié de la salle. C’est l’instant où les visiteurs tiennent leur téléphone prêt, celui que l’on photographie et filme le plus.

Une fois la jarre brisée, son contenu est versé sur un plateau de cuivre ou directement transféré dans les assiettes. On l’accompagne de pilaf de boulgour, de poivrons grillés, de persil frais, d’ayran et de salade. Le plat est servi chaud et se partage généralement entre deux et quatre personnes. On y trempe son pain ; le pilaf de boulgour est idéal pour absorber la sauce. Ce rituel est devenu presque standard dans les restaurants, mais chaque établissement a son style — certains préfèrent un petit maillet à la hache, d’autres assurent le service en costume traditionnel.

Où le déguster ? Un guide ville par ville

Le testi kebabı se trouve essentiellement dans toutes les localités de la province de Nevşehir, mais chaque endroit a son caractère. Avanos, d’où viennent les poteries, offre l’expérience la plus authentique ; certains restaurants montrent à leurs hôtes que leurs jarres viennent bien d’Avanos. Göreme est le point le plus fréquenté par les touristes ; plusieurs restaurants de chaque rue proposent le testi kebabı à leur carte, mais il faut savoir que la qualité peut varier.

Ürgüp, Mustafapaşa et Ortahisar sont des alternatives plus calmes ; loin de la foule touristique, vous avez de bonnes chances d’y trouver des restaurants fidèles aux recettes traditionnelles. Uçhisar est idéal pour un dîner associé à un panorama ; un testi kebabı dégusté face à la vallée procure une sensation toute différente. Des établissements en préparent aussi dans les zones d’Aksaray et de Niğde proches de la Cappadoce, mais ces points restent hors du programme de la plupart des visiteurs. Aux périodes d’affluence, mieux vaut réserver, surtout le soir.

Les prix du testi kebabı en 2025-2026

Les prix varient selon l’emplacement du restaurant, le type de viande et la taille de la portion. Pour la saison 2025-2026, voici une grille tarifaire moyenne :

  • Testi kebabı pour 2 personnes : 800-1 500 TL
  • Testi kebabı pour 4 personnes : 1 400-2 500 TL
  • Jarre familiale pour 6 personnes et plus : 2 500-4 000 TL
  • Version à l’agneau (premium) : haut de la fourchette
  • Version au bœuf : bas de la fourchette

Ces prix valent généralement pour le testi kebabı seul ; le pilaf, la salade et l’ayran servis à côté sont facturés en plus. Dans les restaurants premium, le total peut être plus élevé avec les mezzés proposés. Les tarifs peuvent monter dans les zones touristiques fréquentées ; dans les villages plus calmes, un plat de même qualité revient parfois moins cher. Le prix seul n’est pas un indicateur de qualité : un tarif anormalement bas peut être un signal d’alerte, tandis que les établissements de milieu de gamme offrent généralement le meilleur rapport qualité-prix.

Peut-on préparer le testi kebabı chez soi ?

Oui, on peut le préparer chez soi ; mais sans jarre d’Avanos, il est difficile d’obtenir exactement le même résultat. Vous pouvez commander une jarre de Cappadoce sur internet ; les petits modèles pour 2 à 4 personnes coûtent en moyenne 200 à 400 TL. Une alternative plus pratique est la cocotte en terre ou un récipient de cuisson profond ; le résultat n’est pas identique, mais la saveur s’en rapproche.

Voici une recette simple : 1 kg d’agneau ou de bœuf en dés, 2 grosses tomates, 2 poivrons, 1 aubergine, 1 pomme de terre, 1 oignon, 4 gousses d’ail, sel, poivre noir, thym. Tous les ingrédients sont coupés en cubes et disposés en couches dans la jarre (la viande d’abord, les légumes ensuite), puis salés et épicés. On n’ajoute pas d’eau. Le col de la jarre est hermétiquement fermé avec de la pâte ou du papier aluminium. On enfourne à 160 degrés et on laisse cuire 3 à 3 h 30. À la fin, le plat est prêt à servir. La même recette s’applique en cocotte ; la durée peut alors descendre à 2-2 h 30.

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Avec quoi le déguster ? Les accompagnements classiques

Le testi kebabı n’est pas un plat qui se mange seul ; il prend toute sa valeur avec les bons accompagnements. Le plus classique est le pilaf de boulgour. Sa texture souple absorbe la sauce dense de la jarre et offre une saveur intense à chaque cuillerée. Le pilaf de riz s’utilise aussi, mais le boulgour est le choix traditionnel en Cappadoce. On ajoute au pilaf du persil finement haché, de la menthe fraîche et de l’oignon émincé.

Le cacık ou le haydari sont de bons choix pour équilibrer le gras. Côté salade, la salade de berger ou un cœur de laitue au sumac et à la mélasse de grenade sont courants. L’ezme aux poivrons et tomates grillés figure immanquablement à la carte. Comme boisson, l’ayran est le plus traditionnel ; les restaurants modernes proposent aussi du şıra ou un vin rouge léger. Au dîner, la conclusion traditionnelle après un testi kebabı est un café turc ou un dessert au kaymak sec ; le mélange miel-mélasse, en option végétalienne, complète parfaitement ce final.

Nos conseils pour le déguster en connaisseur

Si vous voulez tirer le meilleur de cette expérience en Cappadoce, voici quelques conseils pratiques. Premièrement : réservez. Au pic de l’été et les week-ends surtout, les restaurants populaires affichent complet des heures à l’avance. Deuxièmement : la cuisson étant longue, le service doit être chaud ; si le restaurant vous annonce « la jarre sera prête dans deux heures », soyez patient ou choisissez une carte plus rapide. Certains établissements proposent une « jarre prête » : celle-ci a été cuite à l’avance et réchauffée, la différence de goût est réelle.

Troisièmement : c’est un plat à partager. Commander une jarre entière pour vous seul n’est ni économique ni facile à finir. Une jarre pour 2 personnes suffit à 2 ou 3 convives ; une jarre pour 4 convient à un groupe de 4 à 6. Quatrièmement : ne manquez pas l’instant où l’on brise la jarre. Quand le serveur s’approche, tenez votre téléphone prêt : c’est le moment le plus inoubliable de l’expérience. Cinquièmement : goûtez impérativement un dessert à la fin ; le dessert traditionnel de courge aux noix ou le sütlaç au four couronne d’une note douce la générosité du testi kebabı.

Existe-t-il une version végétarienne ?

Le testi kebabı classique est un plat à dominante carnée, mais des versions végétariennes se préparent depuis quelques années. La viande est remplacée par des champignons, des pois chiches ou des haricots secs ; la méthode de cuisson reste la même. Les légumes sont généreux : aubergine, courgette, poivron, tomate, pomme de terre, oignon, ail. Les épices restent au même niveau que dans la version carnée. Le plat obtenu, moins dense que celui à la viande, offre une saveur qui lui est propre.

La version végétarienne ne figure pas à la carte de tous les restaurants ; les établissements traditionnels s’en tiennent surtout à la recette carnée standard. Les végétariens qui souhaitent vivre cette expérience peuvent se tourner vers les restaurants boutique modernes ; certains proposent aussi une version végétalienne. Pour les végétaliens, l’alternative supplémentaire est la « jarre aux légumes » ou la « jarre aux champignons » ; cherchez-la dans la partie légumes ou entrées de la carte. Le plus sûr reste d’appeler à l’avance : de nombreux établissements peuvent préparer une version végétarienne sur demande.

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Toute une géographie dans une seule jarre

Le testi kebabı se vit moins comme un plat ordinaire que comme un rituel culturel. La jarre issue de la terre rouge d’Avanos, la méthode traditionnelle de préparation de la viande dans les villages de Cappadoce, la chaleur du four à pierre, la dramaturgie de l’instant où la jarre se brise à table — une fois toutes ces pièces réunies, le plat dépasse les critères de la simple cuisine. C’est une tradition de caravansérail transposée dans les restaurants modernes ; elle fait fonction de pont entre le passé et le présent.

Le restaurant KMU Mehmet Usta, au sommet d’Uçhisar, fait partie des établissements fidèles à la recette traditionnelle : cuit dans des poteries d’Avanos, au four à pierre, pendant la durée traditionnelle, le plat prend une autre dimension face au panorama de la vallée. Cette ligne de savoir-faire, partie d’Aksaray en 2009 pour atteindre le sommet d’Uçhisar en 2025, est l’exemple concret d’un effort pour préserver le testi kebabı dans sa forme la plus pure. Venir en Cappadoce sans vivre ce rituel serait dommage — c’est un rituel du soir aussi important que la magie du vol en montgolfière au matin. Quand une jarre s’ouvre, ce n’est pas seulement de la viande qu’elle contient, mais aussi une histoire millénaire.

Foire aux questions

Ce que vous pourriez vous demander

Comment cuit le testi kebabı ?

La préparation du testi kebabı illustre l’une des techniques les plus originales et les plus longues de la cuisine de Cappadoce. Le processus commence par la préparation d’une jarre de terre particulière, généralement produite à Avanos ; ces jarres sont obtenues à partir d’une argile spéciale résistant aux hautes températures. Les morceaux de viande, le plus souvent de l’agneau ou du bœuf en dés, sont soigneusement disposés dans la jarre selon un ordre et une technique de superposition précis, avec des oignons, des tomates, des poivrons, des pommes de terre et parfois des aubergines. Une fois la jarre remplie, son col est entièrement scellé avec un morceau de pâte humidifiée ; ce scellement empêche la vapeur de s’échapper pendant la cuisson et permet à la viande de cuire dans son propre jus et sa propre vapeur. La jarre scellée est ensuite placée dans un four à pierre traditionnel ou un foyer de terre spécialement préparé, à 160-180 degrés, où elle cuit lentement pendant 3 à 4 heures. Cette cuisson longue et douce rend la viande extrêmement tendre et permet aux arômes de tous les ingrédients de se mêler. Point important : à aucun moment de la recette on n’ajoute d’eau ; toute l’humidité provient du jus naturel de la viande et des légumes.

Quelle viande utilise-t-on ?

La viande traditionnellement la plus utilisée dans le testi kebabı est l’agneau ; les dés de gigot ou d’épaule, moyennement gras, sont idéaux pour ce plat. Si l’agneau est privilégié, c’est parce qu’il gagne une texture tendre au fil de la longue cuisson tout en transmettant son arôme caractéristique aux autres ingrédients. Le bœuf est une autre option couramment utilisée dans la région ; les restaurants la proposent à leur carte pour les hôtes qui cherchent une solution plus économique que l’agneau ou qui préfèrent la texture du bœuf. Le point le plus critique dans le choix de la viande est que les dés présentent un certain taux de gras : une viande totalement maigre risque de sécher et de durcir pendant 3 à 4 heures de cuisson, alors que des morceaux au gras équilibré rendent leur propre graisse et apportent au plat humidité et saveur. Certaines interprétations modernes ou boutique proposent des versions au poulet, mais cela est considéré comme un écart par rapport à la recette traditionnelle ; qui cherche l’expérience classique du testi kebabı choisira l’agneau ou le bœuf.

Quel est son prix ?

En Cappadoce, les prix du testi kebabı varient, pour la saison 2025-2026, selon la taille de la portion et le niveau d’emplacement et de qualité du restaurant. Pour une portion standard pour 2 personnes, la fourchette générale se situe entre 800 et 1 500 livres turques ; cet écart s’explique par la qualité de la viande utilisée, l’emplacement du restaurant (proximité des centres touristiques) et la qualité du service additionnel. Pour les portions plus grandes, prévues pour 4 personnes, la fourchette monte de 1 400 à 2 500 livres turques ; sur les grandes portions, le coût par personne devient relativement plus économique que sur les petites. Ces prix ne comprennent généralement que le plat principal (le testi kebabı) ; le pilaf, la salade, le pain et les boissons servis à côté sont facturés séparément dans la plupart des restaurants et s’ajoutent à l’addition. Le testi kebabı est un plat facturé un peu plus cher que les autres plats de viande de la région, en raison de la longueur de la préparation (il faut généralement le commander à l’avance) et du travail qu’exige la cuisson ; l’originalité du procédé et le rituel du service compensent largement cet écart.

Où le déguster au mieux ?

De nombreux établissements de Cappadoce proposent le testi kebabı dans le respect le plus fidèle de la recette traditionnelle, et ils se concentrent généralement dans certaines localités. Avanos, lieu de production des jarres de terre qui servent de récipient, est considéré comme la patrie de ce plat, et les restaurants qui s’y trouvent proposent généralement les recettes les plus authentiques. Uçhisar, avec ses restaurants situés au point le plus élevé de la région, est idéal pour qui souhaite déguster un testi kebabı face à un magnifique panorama de vallée. Ürgüp est connu pour la grande variété de ses restaurants, qui offrent aussi bien des versions traditionnelles que modernes. Mustafapaşa (l’ancienne Sinasos) se distingue par ses établissements servant des saveurs authentiques dans une atmosphère historique d’architecture grecque. Ortahisar et Göreme, proches des centres touristiques de la région, offrent également des options de qualité et facilement accessibles. Quel que soit l’établissement choisi, le testi kebabı devant généralement être commandé à l’avance, il est important — surtout en haute saison — d’appeler pour réserver et passer votre commande avant de vous rendre au restaurant, tant pour garantir votre table que pour être servi à l’heure.

Pourquoi brise-t-on la jarre à table ?

Briser la jarre à table peut sembler à première vue un simple spectacle, mais c’est en réalité à la fois une tradition culturelle et une nécessité technique. Sur le plan technique, le col de la jarre a été entièrement scellé avant la cuisson avec de la pâte humidifiée ; ce scellement est une étape déterminante, qui empêche la vapeur de s’échapper et permet à la viande de cuire dans sa propre vapeur. Ce joint solide maintient le col fixé même après la cuisson : il est donc impossible d’ouvrir la jarre comme on soulèverait un couvercle, car la pâte a durci et adhéré au col pendant la cuisson. Pour accéder au contenu, il est donc techniquement nécessaire de briser une partie du corps de la jarre. Sur le plan culturel, cet instant est devenu la partie la plus spectaculaire et la plus attendue du service : le serveur ou le chef vient à table et brise habilement la jarre d’un petit coup de hache ou d’un outil similaire, et la vapeur comme le parfum intense qui s’en échappent créent un moment de service saisissant. Ce rituel est devenu avec le temps une expérience emblématique, photographiée et partagée par les touristes en visite en Cappadoce.

Existe-t-il une version végétarienne ?

Oui, des versions du testi kebabı adaptées aux visiteurs végétariens existent, mais leur disponibilité varie d’un restaurant à l’autre. Dans un testi kebabı végétarien, les morceaux de viande de la recette traditionnelle sont remplacés par des champignons, des pois chiches, des haricots secs ou une riche combinaison de légumes colorés (aubergine, poivron, tomate, pomme de terre). Ces ingrédients sont disposés en couches dans la jarre selon la même méthode traditionnelle, le col est scellé à la pâte, et le tout cuit au four à pierre pendant 2 à 3 heures (un peu moins que la version carnée, les légumes cuisant plus vite), avant d’être servi avec le même rituel spectaculaire. Sur la disponibilité, il faut noter que les restaurants traditionnels et les plus anciens ne proposent le plus souvent que la version à la viande, tandis que les établissements boutique, plus modernes et tournés vers une clientèle touristique, ajoutent plus volontiers l’option végétarienne à leur carte. Si vous cherchez une expérience de testi kebabı végétarien, appeler le restaurant avant de vous y rendre pour demander si cette option est disponible et si une commande préalable est nécessaire reste le moyen le plus fiable d’éviter une déception.

Peut-on le préparer chez soi ?

Oui, il est possible de préparer le testi kebabı chez soi, mais quelques détails importants méritent attention pour rester fidèle à la recette traditionnelle. La première étape, la plus importante, est de se procurer un récipient adapté : les jarres de terre traditionnelles peuvent être commandées directement depuis Avanos ; produites dans une argile résistant aux hautes températures du four, elles sont généralement à usage unique (puisqu’on les brise pour les ouvrir). Si vous ne trouvez pas de jarre authentique, une cocotte profonde allant au four ou une casserole à couvercle peut servir d’alternative ; le rituel du bris disparaît, mais le résultat gustatif reste proche. Les ingrédients — viande en dés, oignon, tomate, poivron et pomme de terre — sont disposés en couches dans le récipient comme dans la recette traditionnelle, dont l’ouverture est ensuite hermétiquement fermée (à la pâte pour une vraie jarre, au papier aluminium ou avec un couvercle bien ajusté pour une alternative). Le four est ensuite réglé à 160 degrés et la cuisson dure de 3 à 3 h 30 ; il est important de ne pas ouvrir la porte du four pendant ce temps, afin d’éviter que la vapeur ne s’échappe. Le résultat, même privé du bris spectaculaire vécu au restaurant, peut être tout à fait satisfaisant.

Une jarre pour combien de personnes suffit-elle ?

Choisir la bonne taille de portion en commandant un testi kebabı est important pour bien calibrer votre budget comme votre appétit. Une portion étiquetée « pour 2 personnes » rassasie en réalité aisément 2 à 3 convives si l’on tient compte du pilaf, de la salade et du pain servis à côté ; c’est une portion tout à fait satisfaisante pour deux personnes, surtout si vous ne commandez pas d’autre plat principal. La portion plus grande, présentée comme « pour 4 personnes », contient en réalité de quoi rassasier un groupe de 4 à 6 personnes ; c’est une option à la fois économique et pratique pour les familles ou les groupes d’amis. Un autre facteur à prendre en compte est que le testi kebabı est généralement servi avec des accompagnements — pilaf, salade, ayran ou soupe — qui contribuent eux aussi à la satiété. Si vous venez en grand groupe, indiquez au restaurant le nombre réel de convives et demandez-lui de vous conseiller la meilleure combinaison de portions (par exemple deux jarres pour 4 personnes) ; cela évite le gaspillage et garantit que tout le monde mange à sa faim.

Mehmet Usta

Mehmet Usta

Chef du restaurant · FondateurTüm yazıları

Il a transposé en 2010 en Cappadoce le parcours culinaire commencé à Aksaray. Au sommet d’Uçhisar, il associe la tradition de la cuisson au feu de bois aux techniques de présentation contemporaines. Du testi kebabı au tandır, il réinterprète les recettes locales avec un regard personnel. Il a fait du travail avec les producteurs locaux et de l’usage de produits de saison un principe. Fort de plus de seize ans d’expérience, il continue de transmettre son savoir-faire à son équipe.

  • Certificat de maîtrise en cuisine (MEB)
  • Certificat d’hygiène et de sécurité alimentaire (ISO 22000)
  • Membre de la Fédération turque des chefs
  • Commission gastronomie de l’Association du tourisme de Cappadoce